La vengeance de Robert de Niro (suite)

Publié le par Onirix

Dire que ce film est grandiose relèverait de l'euphémisme.
Le premier avec Marlon Brando était déjà magnifique, mais là, les scènes de  l'époque De Niro sont tout simplement magiques. L'atmosphère de l'aube du XXème siècle dans le quartier italien de New-York est magistralement restituée. Et que dire de la musique intemporelle de Nino Rota? 
Pour l'acteur il s'agissait d'un véritable rôle de composition, puisqu'il lui fallait incarner Vito Corléone jeune ; donc de reprendre la gestuelle, les expressions, et les mimiques de Marlon Brando dans le premier volet.

 
Le résultat est magistrale, courronné par un oscar du meilleur second rôle. Ce rôle qui incitera Scorcese à retravailler avec son futur acteur fétiche pour Taxi driver. Il faut dire que Bob, déjà à cheval sur la déontologie du 7 ème art, avait mis les bouchées doubles, jusqu'à apprendre à parler parfaitement le patoie sicilien...
Et la vengeance là dedans me demanderez-vous ? La trâme, elle-même en est tissée du début à la fin...
Vito -Andolini- Corléone n'a jamais oublié la mort de ses parents ni les conditions dans lesquels il a été contraint de s'enfuir, menacé lui aussi de mort par Don Ciccio le parrain local. Car en sicile, on sait on ce que vendetta veut dire.... La prudence demande aux assassins de la mafia de ne jamais laisser de survivant d'une famille pour éviter une éventuelle future
vengeance. link
Le petit Vito avait échappé à la main criminelle qui le menaçait, et le vieux chef de clan finit par l'oublier. Vito a conservé de nombreux contacts dans sa région, pour ses "affaires", mais aussi dans le but de comploter l'assassinat de Don Ciccio, le meurtrier de ses parents.
Le moment venu, quand il décline son identité devant le vieux parrain, ce dernier est tout ému d'apprendre que son invité porte le nom du village...
" Quel est ton nom petit ?"
" Vito...Corléone"
" Ah...Corléone... comme le village...et ton père s'appelait comment... ?"
De Niro chuchotte :
" Antonio Andolini..."
" Approches-toi, je suis un peu sourd tu sais...".
 Il obéit, se penche près de l'oreille du vieux mafieux sicilien et lui dit d'une voix partaitement calme et contrôlée
:
"  Antonio...Antonio Andolini et ça c'est pour toi !". Il  sort un couteau de sa poche, et poignarde le vieillard sur sa chaise. Une fois l'acte accomplis, une fusillade éclate, et il s'échappe avec ses amis. Sa vengeance prioritaire est enfin accomplie.

Décidément, il excelle dans l'art du couteau. Bon c'est vrai...Iron, mais quand même.
Dans le Fan,  si je me souviens bien, il s'appelle Gilles Renard*, vendeur ambulant, spécialiste en...coutellerie ! ! !
link.
Ici, on découvre la vengeance et la frustration déguisés en fanatisme obsessionnel. Représentant en métaux, comme dans le mensonge qu'il raconte, avec son sens aiguisé de la dérision, à " la fille de la bibliothèque..."  dans Heat : "Charge de rupture du titane".
Ca sent l'explosion et la démolition contrôlée tout ça...


   Poursuivons avec RONIN  link 

 

Le fait qu'il ait été tourné en France, à Paris, Nice et Arles, est un bonus supplémentaire apporté à cette série b. Le scnénario, confus, tient sur un timbre poste ? Peu importe, le seul fait de suivre Bobby dans les rue de Paris vaut son pesant de quincaillerie...surtout quand lui même est armé jusqu'aux dents et prêt à défourailler dans la première galerie. Tout ça pour une mystérieuse mallette au contenu inconnu (sinon elle ne serait pas mystérieuse, je sais).

Mais ses véritables intentions sont autres. Encore une histoire de vengeance ? Affirmatif.
Tout est en rapport avec l'armée révolutionnaire irlandaise (I.R.A.) et la mafia russe installée en France. Un groupe d'hommes est chargé de récupérer une mallette en échange d'une rançon. Aucun d'entre-eux ne se connait ; ils ont été réunis par une irlandaise du Sinn Feinn déterminée à lutter pour sa cause. C'est dans ces circonstances que Sam (Bob) rencontre Vincent (Réno). Les deux hommes se font tout de suite confiance, contrairement au reste du groupe dont certains demeurent ambigüs. Notamment le personnage interprété par Stellan Skarsgard (ex KGB) qui
se méfie de De Niro (ex CIA)...un mec qui vous sort un truc du style " Je n'entre jamais dans un endroit sans savoir comment en sortir...", ça éveille les soupçons...

S. K : C'est le type du Bristol qui vous à engagé ?"

R.d. N  : " Quel type ? "

" Celui en chaise roulante."

"...un mec qu'est loin d'avoir la forme..."

" Ce type en chaise roulante...que lui est-il arrivé? "

" J'ai l'impression que ça lui est arrivé dans ton coin, à l'époque où c'était pas encore tout rose..." (Guerre froide)

Après quelques échauffourées et cascades en bagnoles ils s'aperçoivent qu'il y a un traitre au sein du groupe ; et même deux pour le prix d'un. Le premier (Skarsgard) pour son propre compte , le deuxième, Seamus (Jonathan Pryce), pour celui d'un commanditaire inconnu... " 

Bon, le titre même du film indique bien que c'est encore la notion de vengeance qui est au rendez-vous. Les ronins étaient, dans le Japon médiéval, des guerriers du code des samouraïs qui avaient connu la honte suprême de n'avoir pu sauver leurs maitres d'un assassinat. Ils erraient ensuite sans but, jusqu'au moment où ils trouvaient un nouveau maitre qui accepte de leur faire confiance...
Soudain on comprend mieux le fin fond du problème qui relie Sam et Seamus. Une histoire de Services Secrets. Un homme devenu mercenaire dans l'intention de venger un supérieur hiérarchique? L'homme en fauteuil roulant du Bristol ?
(A noter que, durant ses séjours dans la capitale, De Niro loge toujours à l'hotel Bristol...)

" Je ne suis pas là pour la valise...je suis venu pour ton patron...Seamus !". Voir l'affiche du film : " la trahison n'est qu'une question de prix " (Jonathan Pryce?). Et une nouvelle fois elle est pas belle ma vengeance ? Je me souviens avoir, à l'époque, tenté de suivre le circuit parisien du studio's monster. J'ai retrouvé le café situé rue des trois frères ; le hic ? Il était déjà complêtement transformé en restaurant chic. A tel point que j'ai commencé par douter...mais un commerçant du quartier m'a bel et bien confirmé que Ronin y avait bien été tourné. link
Ou comment une citrouille devient carrosse avec la baguette magique hollywoodienne...
Ronin avec De Niro et Jean Réno, ça résonne plutôt bien dans l'anagramme non ?
D'Orin à  Oren, on est pas très éloigné de la prononciation d'origine de la divinité nordique Odin* (ça peut peut-être prêter à rire, mais demandez aux borgnes s'il voient et aux boiteux s'ils marchent...). Dans RoNin il y a le N en plus : quatorzième lettre de l'alphabet, et arcane majeur 14 du tarot représentée par la Tempérance*. (Qui a dit14 ans ?)

Robert de Niro sélectionnerait-il ses scénarii afin de pouvoir passer des messages cryptés destinés à ceux qui savent les discerner ? Pour vous faire une idée regardez et écoutez attentivement  "A hundred and one" ( "Les 100 et une nuit de Simon Cinéma" d'Agnes Varda) link. Un passage hallucinant avec notre Catherine Deneuve nationale dans lequel Bob se livre jusqu'à parler... en français s'il vous plait (Ste Loretta priez pour nous ça devient une habitude).
link

A hundred and one (100* et 1*)...

Bon, vous avez vu cà ? En moins de 5 minutes ce joli couple au lac des "signes" revisite une partie de la filmographie de notre suzerain sujet. Un feu d'artifice  olympique et symbolique puisqu'il s"agit, pour la plupart, des oeuvres qui nous intéressent...

En premier lieu, De Niro affiche un look très très proche du Max Cady de la fin des nerfs à vifs. Cheveux mi-longs coiffés en arrière en débordant sur les oreilles aboutissant à une queue de cheval. On dirait vraiment le croquemitaine du film de Scorcese ressucité après s'être noyé dans une rivière en furie...sauf que là, les eaux du lac sont d'un calme... olympien. Et le couple de nouveaux mariés aussi. Serait-ce le paradis ? Le Walhallah des guerriers réprouvés ? La proue de la petite embarquation représente un cygne* avec une corbeille* de fruits*, des fleurs de LIS* partout ,  Une pièce montée surmontée des mariés*. Elle croise une autre barque identique. On se croirait sur les bords de la Marne dans les années 1930. Deneuve et De Niro conversent paisiblement, presque joyeusement. On sent une réelle sincérité dans leur complicité (voir et écouter).

Et soudain Bob tombe à nouveau à l'eau, au milieux des cygnes nonchalants, et se noie aussitôt...il flotte sur le ventre comme un poisson mort à l'envers, son costume tout gonflé d'eau. Bon d'accord Bob est un hâmeçon ( "bob on the fishing line"), mais là c'est lui qui se fait pêcher, ou plutôt gaûlé par une canne dont le propriétaire est en...fauteuil roulant....

L'handicapé, aux allures de gangster endimanché, sort un revolver et tire à plusieurs reprises sur le corps, inerte et noyé,  de De Niro. Quelle étrange parabole non ?

Deneuve : " Il fait nuit*...la lumière* est douce..." ( La lumière dans l'obscurité)

RDN : "Il fait nuit dans un beau bateau*... "

" Comme d'autres se mettent dans de beaux draps..."

" A Johnny belong expression." (Johnny...Favourite ?)

" Long I hope. Sentimental Johnny...mémory..." 

" Chérie est-ce que tu as pensé à fermé le gaz ? A changer la caisse du chien ? A mettre la mayonnaise au frigot, à recharger la batterie ? "

" Est-ce que tu as branché l'alarme ? Bloqué la fenêtre de la buanderie ? Est-ce que tu as emporté ton razoir ? "

" Il n'arrivera rien...j'ai les clés* ! ! ! " (Gling ! Gling !)

Une chanson de jazz souffle comme la brise : " Sentimental Johnny mémory..."

" Quelle bonne idée d'avoir réservé des places pour cette croisière."

" Pour un prix exhorbitant." ( Celui de la vengeance, celui de la trahison, ou bien celui de l'âme?)  L'évasion...."

" Enfin seuls..."

" I love you for last."

" Les rêves* ! "

" It's a dream..."

" L'espace..." 

" Lost in space..."

Et plouf ! ! !

Autant inaugurer le lexique symbolique avec les derniers éléments, cochés, de cet extrait de film. Distinguons des corrélations avec plusieurs  films de De Niro :

1- Les Nerfs à Vifs avec une réplique du look de Max Cady ( ça ne m'étonnerai pas que cette vidéo date du tout début des années 90), et surtout le contexte : Le bateau qui vogue paisiblement sur l'eau du lac , comme happé par l'oeil d'un cyclone... celui qui soufflait sur " réminiscence", le bateau de la famille Bowden.  ?

?

Description symbolique des éléments.


 Cent : Symbole de la multiplicité du créé : le Un. Mais un 1 multiplié qui fait lui même partie d'un plus grand ensemble.  100 est une partie qui forme un tout dans le tout, un microcosme dans un macrocosme qui distingue et individualise une personne, un couple, un groupe. Comme une cellule dans un corps... Une entité qui possède des propriétés distinctives et intuitives qui la rendent plus efficace. (voir  Frankenstein : "dans quelle partie de moi résidait ce savoir ?"...mémoire génétique ?).

Cent est surtout le multiple de 10, qui est lui-même la somme des quatre premiers nombres,1+2+3+4 . La tetraktys est un triangle disposé en pyramide  de quatre étages formé de points. 

Son sommet, un seul point symbolise l' Un, l' oeuf, le principe divin non encore manifesté. En dessous, l'origine de la manifestation est marquée de deux points. Le dédoublement en couple (dyade) du principe masculin et du principe féminin.

Les trois points de l'étage en dessous correspondent aux trois plans de perception de la vie : physique, psychique, et spirituel. Enfin, la base du tetraktys avec ses quatre points représente la multiplicité ( Allez et croîssez !) de la matière féconde : les 4 saisons, les 4 éléments, les 4 points cardinaux. Extension du domaine de la création.

On observera que le 10 est la formule binaire correspondant au 2 dans les calculatrices électroniques, ce qui confirme son sens originel de multiple. Voir 10 commandements.

 

Un : Point de départ de l'univers manifesté ), il est souvent considéré comme le centre mystique d'où rayonne l'Esprit dont il découle." J'ai fait tout avec nombres et mesures" (Genèse). Algèbre et géométrie ! Tous ces points de lumière dans le ciel...comment ne pas avoir envie de les relier en constellations ? Le 1 est comme un soleil... Carl Gustav Jung a différencié une conception du Un qui tend à concilier les contraires (yin et yang) en une synthèse des opposés. Par exemple la quadrature du cercle où chaque point peut représenter l'origine ou la fin de cette ligne fermée...   le fameux Ouroboros (serpent qui se mord la queue; ou plutôt qui la recrache..). Dans les récits légendaires, le Dieu unique est souvent représenté par le Un...

 

 


Cygne : De l'Inde (monture de Brahma), à la Grèce antique (inséparable compagnon d'Apollon), aussi bien que dans les mythologies germaniques, sibériennes, d'Asie mineure;  toutes les traditions et poèmes font du cygne, de par sa blancheur immaculée, sa puissance et sa grâce, une manifestation de la lumière céleste.

Il est donc l'emblème du poète inspiré, du pontife, du druide habillé de blanc, du barde nordique, monture sacrée des dieux, etc. Son symbolisme s'apparente beaucoup à celui de l'oie. Il y a toutefois deux blancheurs, deux lumières, comme son reflet sur l'eau du lac. L'une solaire et diurne, mâle et fécondatrice, et l'autre lunaire, nocturne, femelle et procréatrice. Son symbolisme évolue alors vers une synthèse et une approche androgynale de l'animal. " Il chante divinement pour soi et pour le monde" (Divina sibi canit et orbi). Son sifflement est nommé le chant du cygne ( le signe chantant), parceque le mercure, voué à la mort et à la décomposition, va transmettre son âme au corps interne du métal imparfait, inerte et dissous. (Basile Valentin, les 12 clefs de la philosophie, Ed. de Minuit, Paris 1956, p. 152)

Le cygne, ayant toute les propriétés recquises, fait donc aussi partie de la panoplie des Alchimistes. Emblème du mercure de par sa couleur, sa mobilité, sa volatilité. Il exprime un centre mystique et l'union des opposés (yin et yang toujours...). Le symbolisme du cygne étant équivalent à celui de l'oie, il est donc considéré comme un intermédiaire entre le ciel et la terre, un messager, mais surtout comme un avertisseur du danger imminent : divination ( " Et je connais la voie des hommes..." Frankenstein ).

Le jeu de l'oie, faisant l'objet d'une interprétation ésotérique, est considéré comme un labyrinthe, recueil des principaux hiéroglyphes du grand oeuvre (Fulcanelli). Les contes de ma mère l'oie sont aussi interprétés comme des récits hermétiques. Avec le cygne, donc, on peut dire qu'il y a le feu au lac...

 

Corbeille et Fruit  : Selon la grammaire égyptienne ( Gardiner), le hiéroglyphe désignant la corbeille est le même que celui de Seigneur...celui qui s'élève par rapport aux autres, suprématie, maitrise. Les corbeilles servent parfois de socle aux représentations de dieux. Selon Mariette ce hiéroglyphe  signifierait aussi : le tout devenu Dieu, l'univers et Dieu confondus en un seul être (remember Angélus Silésius...). La corbeille (ou la coupe) évoquerait dans l'écriture et l'art égyptien une idée de totalité, d'ensemble (voir 100), sous une suzeraineté céleste. Les mort étaient parfois placés dans des corbeilles abandonnées au fil de l'eau ou ISIS était sensée venir recueillir leurs membres disloqués pour les mettre dans une autre corbeille. Ceci révèle le sens de notre tradition matrimoniale qui montre la corbeille de la mariée annonciatrice d'une vie nouvelle. Symbole également du corps maternelle, elle a servit de berceau à de nombreux dieux ou héros, comme Moïse ou Oedipe.

Le fruit symbolise lui l'abondance et la fécondité aux banquets des dieux. Les graines qu'il contient est à l'image de l'oeuf du monde et des origines. Maintenant, chaque fruit possède son propre sens symbolique qui varie selon sa forme, sa couleur. Etc.

Lys : Synonyme de blancheur, de pureté, d'innocence et de virginité. On le trouve chez Boehme et Silésius (décidément...) comme le symbole de la pureté céleste. Toutefois, il prête à une interprétation différente si on fait référence à son pistil phallique et à son parfum à l'opposé d'une senteur chaste : mélange de miel et de poivre, quelque-chose d'âcre et de doucereux, de pâle et de fort. On pourrait  voir ici un aspect de la tentation. Une porte des enfers. Mais cette particularité en fait aussi le symbole de la génération, ce qui l'aurait fait choisir par les rois de France comme symbole de prospérité de la race (dialogue en français...).

"...J'effeuille. Comme prêt d'un bassin dont le jet d'eau m'accueille.Les pâles lys qui sont en moi..." (Hérodote)

La symbolique des eaux s'ajoute, dans ce texte, à celle de la lune et des rêves pour faire du lis la fleur de l'amour. La fleur de la gloire. Une équivalence qui le rapproche du lotus élevé au dessus des eaux boueuses et informelles.

Dans la tradition biblique, le lis est le symbole de l'élection, du choix de l'être aimé, mais encore d'abandon à la volonté de Dieu. C'est à dire la providence qui pourvoit aux besoins de ses élus... " Observez les lis des champs, comme ils poussent; ils ne peinent, ni ne filent ". (Matthieu 6; 28). La fleur de lis symbolise l'abandon mystique à la grâce de Dieu...

 

Nuit :  Chez les grecs, Nyx (la nuit) était la fille du Chaos et la mère du ciel (Ouranos) et de la Terre(Gaïa). Elle enfante en même temps du sommeil et de la mort, les rêves et les angoisses, la tendresse et la tromperie. La nuit parcourt le ciel revêtue d'un voile noir.

Le même glyphe chez les mayas, signifie la nuit, l'intérieur de la terre et la mort.                Dans la conception celtique, la nuit est le commencement de la journée. D'après Jules César, les gaulois comptaient aussi par nuits. La nuit c'est le temps des gestations, des germinations, des conspirations destinées à éclater au grand jour. Entrer dans la nuit, c'est revenir à l'indéterminé, où se mêlent cauchemars et monstres, les idées sombres. Elle prépare pourtant la venue du jour, la victoire de la lumière sur les ténèbres : la Vie. Propice au repos et à la réflexion, on peut ainsi dire qu'elle porte conseille" Elle emplit d'une volupté indiscible l'espace qui est au dessus de l'espace...". ( Novalis : Hymnes à la nuit)  

      

Lumière : La lumière est relative à l'obscurité dans l'alternance de l'évolution, mais c'est elle qui donne la connaissance. Le Fiat Lux de la genèse est une illumination. Dans la Bible elle s'identifie au verbe créateur (Jean : 1; 9). Celà exprime un rapprochement fondamental avec la lumière du soleil sous son aspect spirituel. Le centre du monde. Lumière et ténèbres constituent l'exemple de la dualité universelle exprimée, dans toute sa splendeur, par le yin et le yang. Tant dans la genèse que dans tous les écrits saints et sacrés, l'opération cosmogonique est une séparation de l'ombre et de la lumière, originellement confondues. Tous les dieux principaux des croyances et mythologies sont des dieux solaires. Il serait plus exact de dire que le nom change mais que l'entité reste la même... Apollon, Rê-Osiris, Mazda, Brahma, Quetzalcoatl (Kukulkan)...il faudrait plusieurs pages pour les énumérer. La lumière matérialise les formes, elle les crée sur le plan de la perception visuelle. Même si elle meurt chaque soir, c'est pour mieux renaître chaque matin, redonnant ainsi confiance aux homme sur la pérennité de la vie. Dans un sens métaphorique la lumière, aspect final de la matière, combine avec le temps et la vitesse. Mais dans quelle proportions ? Jusqu' à l'éblouissement éprouvé par certains mystiques ? Quelle en est la limite exact ? Elle est le contenant de la somme totale des couleurs (spectre),  et elle sépare le temps par le jeu révolutionnaire des astres du cosmos. Seulement, le vide, d'après les récentes découvertes, ne la reçoit pas mais l'absorbe ! Cul sec ou cul de sac ? Trou noir. Intersection de la matière et de l'anti-matière.

 

Bateau :

Emblème du voyage, de la traversée accomplie par les vivants ou par les morts. La barque des morts s'inscrit dans toutes les civilisations qui y voyaient l'accompagnement des défunts dans l'autre monde par le soleil se couchant dans  l'Océan (voir la légende arthurienne). En Egypte, la barque au centre de laquelle se tenait Rê le dieu solaire debout devant le défunt agenouillé, est en route vers l'éternité. Isis et Nephtis indiquent le chemin à suivre...pas mal comme GPS non ?   Le voyage initiatique au terme duquel l'âme, justifiée, peut chanter les louanges d'Osiris. Isis est la déesse de la voile, de la navigation, et des vents qui font avancer. Ce n'est pas dû au hasard si l'on retrouve son influence sur le blason de la ville de Paris, dont le nom provient des Nautes Parisiis ! "Battu par les flots, il ne sombre pas". Par Isis ou Here Is? Ire Is...la colère d' Is ? (Taxi Driver). N'en déplaise aux détracteurs de cette hypothèse, l'éthymologie de la plupart des noms de villes et de villages de France qui comprennent la racine IS ou ISE ou YS ou ISSY, provient de l'adoration de la déesse par de nombreuses peuplades gauloises. Si vous vous amuser à les répertorier, vous n'êtes pas sortis de l'auberge...           

Chez les chrétiens, l'église est la barque sensée protéger les croyants du cataclysme annoncé par les prophètes. Ce qui nous amène inévitablement à l' Arche de Noé résistant au déluge afin de repeupler la terre de ses habitants...


Cléf :

Symbole d' ouverture et de fermeture, la clef joue un double rôle, dans le sens où elle lie et délie. Le pouvoir de coaguler et de dissoudre (Solve Coagula - 15 du tarot : le diable). Principe alchimique qui ne fait que représenter le périple de la matière dans l'univers. Agrégat d'atomes (la vie), dissolution des atomes (la mort). " Tu es né poussière, tu retourneras à la poussière." (At home sweet atome !). Le Christ remet les clefs du Royaume des Cieux à St Pierre qui en devient le gardien ...

On retrouve le même esprit chez le dieu romain, à double visage, Janus link .  Il possède les 2 clefs qui ouvrent les portes solsticiales, c'est à dire celles qui donnent accès aux phases ascendantes et descendantes des cycles annuels. L'équilibre des équinoxes. Le gardien des portes est vigilant, il voit partout ! En haut comme en bas, ainsi que de tous les côtés.

La clef, chez les musulmans, ouvre la porte du paradis (Les quatre mots de la Shahâdah, sont ses quatre dents). Elle est synonyme de prospérité au Japon, et d'autorité chez les bambaras du Mali. Celui qui la possède, détient le pouvoir de décision et de responsabilité.

Sur le plan ésotérique, posséder la clef signifie avoir été initié. Elle indique non seulement l'entrée dans un endroit, un lieu, mais aussi l'accès à un état de compréhension supérieur. Symbole du mystère à percer, de l'énigme à résoudre, de l'action à entreprendre qui débouche fatalement sur des découvertes...

     

Rêve ( Voir thème princpal du site)

 

Retour au début du texte.

 

 

 

 

 

 

 

 

Symbole d'ouverture et de pénétration, la flèche (sagitta) est à l'image de l'éclair qui introduit la lumière, et l'organe créateur, qui ouvre pour féconder. C'est aussi le trait de lumière qui éclaire l'espace. A l'instar de l'échelle, elle est un symbole d'ascension, d'échange entre le ciel et la terre. Dans son sens descendant, elle est un attribut de la puissance divine, comme l'éclaire et la foudre qui apportent le feu, et la pluie fertilisante: l'eau. La flèche est aussi synonyme d'intuition fulgurante (Upanishad) Sagitta est de même racine que sagire qui veut dire percevoir rapidement. Dans l'ancien Testament, les hommes que Dieu utilise pour son dessein, sont appelés les fils du carquois.
Dans son sens ascendant, elle signifie la rectitude de sa trajectoire, qui défiant la pesanteur, dépasse les limites des conditions terrestres. Symbole aussi de la dent, du dard, de la point acérée qui vole pour surprendre sa victime. " Elle revêt le plumage de l'aigle et sa dent est de fauve" ( Rig Véda).
La flèche est le symbole du destin, mais aussi de la mort subite, foudroyante. Elle arrive, fatidique, à un moment déterminé, et indique un aboutissement, un but atteint. Elle représente également l'amour de par son apparence phallique et sa faculté de pénétration.
( Dans les Nerfs à Vifs Cady compare, en faisant référence à Thomas Wolf, une érection à une barre de fer munie d'ailes...flèche ascendante ! Oui, on sait que Wolf en anglais signifie loup...
Au sens ésotérique, elle est une recherche de l'union mystique. Elle tient la sûreté de sa trajectoire, et la force de son impact, de la valeur de l'archer qui l'a décochée. Ainsi la flèche d'un dieu ne manque jamais sa cible.


Tatouages

Un tatouage est un sceau, une marque de fabrique,  comme un bleu.
Et, quand on dit "bleu", on parle royal, comme la couleur du sang sous la peau !











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