Les Fils de l'homme...

Publié le par Onirix

Dans la série on se dirige vers un futur décomposé déjà pensé et écrit il y a des années, ce ne sont pas les exemples qui manquent, de Kakfa à Orwell en passant par Asimov et... Philip K Dick, auteur du roman éponyme.
Là, c'est moins d'une vision d'anticipation dont il s'agit, mais bel et bien d'une réalité qui nous pend réellement au nez. Et c'est pas triste...tout simplement pitoyable!
En 2021 la population terrestre est devenue stérile, les femmes n'enfantent plus depuis près d'un quart de siècle.
Les cris, la joie, l'insouciance des enfants ont disparus dans un "univers" devenu sinistre, submergé par la violence, le racisme, et l'indifférence d'une société mondiale bureaucratique et exterminatrice. La chasse aux étrangers clandestins et aux plus démunis, parqués comme des bestiaux dans des camps de rétentions reflète un monde qui court fatalement à sa perte. Toutes ressemblance avec des évènements actuels...vous connaissez la suite.
Les derniers nés, aux quatre coins du globe, sont considérés comme des personnalités à protéger. Le film s'ouvre sur l'assassinat de "Bébé Diégo", le dernier né de cette triste réalité. Le cul de sac de l'humanité.
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C'est dans ce contexte apocalyptique que le héros de l'histoire (interprété par le sobre et génial Clive Owen) qui a lui-même perdu quelques temps auparavant son petit garçon, se trouve embarqué dans un périple qui va le transcender...
Kidnappé par un groupuscule "terroriste" dirigé par son ex-femme et mère de son enfant décédé (Julianne Moore),  il se voit confier (obligé !) une mission dont il ne sait pas encore qu'elle va le bouleverser.
En effet, il doit accompagner et protéger une clandestine d'origine africaine jusqu'à un légendaire havre de paix, un bateau symboliquement baptisé " Le Tomorrow"
(" Renouveau planétaire " en français ), dont personne ne peut véritablement prouver l'existence... la Nouvelle Jérusalem.
Et c'est là que le film devient prophétique : la jeune femme en question est enceinte ! Tous ceux qui sont au parfum veulent s'approprier son enfant, et c'est la raison pour laquelle le personnage principal à été choisi par son ex épouse qui connait parfaitement son intégrité morale.
Une scène, magistrale, qui se déroule en pleine fusillade (carnage), montre des militaires ivres de violence baisser leurs armes quand ils entendent les pleurs du récent nouveau né... Il est né le divin enfant. Est-ce Christique ? Oui !
Ou comment le don de la vie a raison de la violence et de la méchanceté.
Il faut surtout souligner que Clive Owen traverse le film sans jamais porter aucune arme... il est venu avec sa seule b. et sans même... un couteau.
Mais comme chacun le sait, l'avenir appartient à ceux qui... se louveteau.
Dans le genre film culte on est servi; Owen, très loin des clichés bourrus des abrutis de service à la Bruce Willis, prouve qu'il est un acteur majeur au charisme que l'on pourrait qualifier d'effacé, mais néanmoins solide dans la crédibilité.
Julianne Moore, insuffisamment exploitée à Hollywood, perce comme un éclair un rôle obscur mais luminescent.
Et, cerise sur le gâteau, Michael Caine reste digne de son statut d'icône du 7ème art. Il est toujours là le vieux ! ! !
Tous les seconds rôles étant au niveau des stars pré-citées, Les Fils de l'Homme est un chef-d'oeuvre digne des précédentes adaptations cinématographiques de Philip K. Dick.
Il suffit de se souvenir du génialissime Blade Runner ( "Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ? " ) pour comprendre que cet auteur de science-fiction (à son époque) est une mine d'or pour le cinéma du même genre.
Qui a oublié, dans ce monument de Ridley Scott, le passage dans lequel
le chef des Nexus 6, les robots réplicants, vient demander des comptes à son concepteur ?
Le concepteur : "Quel est le problème ? "
Nexus 6 (Rutger Hauer) : " La Mort..."
La créature artificielle devenue "amoureuse" de la vie sait qu'elle est programmée à mourir dans un laps de temps déterminé.
C'est Adam qui demande "pourquoi? " à son Créateur.
D'où l'incrédulité naïve finale du  pseudo héros (Harrisson Ford) quand il comprend finalement qu'il a été payé pour exterminer des créatures faites ni de chair ni de sang, mais néanmoins capables de sentiments, que lui même n'aurait peut-être jamais été capable d'exprimer. L'amour des autres au delà des barrières des différences....
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Bonne réflexion à tous sur le passé, le présent, et surtout le futur qui nous attend...


Publié dans Ciné Culte

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honorius 28/01/2009 11:19

Un site intéressant sur un sujet qui m'a toujours passionné. Cordialement Honorius (pas de souci pour l'article dès le moment ou notre lien est cité)